Phasmes & Phyllies

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DÉTERMINATION DES 3 ESPÈCES DE PHASMES FRANÇAIS
"France métropolitaine"
 

Pijnackeria masettii - Le phasme espagnol
Clonopsis gallica - Le phasme Gaulois
Bacillus rossius - Le Bacille de Rossi
 
 
CLASSIFICATION
 
ORDREPHASMATODEA
SOUS-ORDREVEROPHASMATODEA
INFRA-ORDREANAREOLATAEAREOLATAE
SUPERFAMILLE - BACILLOIDEA
FAMILLEDIAPHEROMERIDAEBACILLIDAE
SOUS-FAMILLEPACHYMORPHINAEBACILLINAE
TRIBU GRATIDIINIBACILLINI
GENRE Pijnackeria
(Scali, 2009)
Bacillus
(Le Pelletier de Saint Fargeau & Serville, 1827)
Clonopsis
(Pantel, 1915)
ESPECE masettii
(Scali, Milani & Passamonti, 2013)
Rossius
(Rossi, 1790)
Gallica
(Charpentier, 1825)
 
Pijnackeria masettii décrite par Valerio Scali, Liliana Milani et Marco Passamonti dans la revue Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research le 10 avril 2013 sur Internet .anciennement nommé entre 2009 et 2013 Pijnackeria hispanica (Bolivar, 1878) et avant 2009 Leptynia hispanica (Bolivar, 1878)
 
 
CLE DE DETERMINATION
 
1-1 – Carène1 médiane inférieure continue jusqu'à l'apex2 des tibias intermédiaires et postérieurs(a). Extrémité de l'abdomen (10ème tergite) se termine en pointe. Cerques filiformes ne dépassant pas l'extrémité de l'abdomen. Antennes comportant de 11 à 17 articles irréguliers. Lignes latérales blanches sur les côtés de l'abdomen.
Pijnackeria masettii

(a) ANAEROLATAE

1-2 - Carène1 médiane inférieure bifide3 sur les tibias intermédiaires et postérieurs formant un triangle (aire apicale)(b). Extrémité de l'abdomen (10ème tergite) arrondi avec des cerques presque triangulaires dépassant l'extrémité de l'abdomen. Articles des antennes plutôt réguliers
2

(b) AEROLATAE
2-1 – Taille de 60 et 70 mm. Antennes courtes comportant 12 à 13 articles et mesurant 3 à 4 mm. Plaque sous-génitale longue atteignant l'extrémité du 9ème tergite et cachant les valves génitales. Apparence granuleuse du mésonotum et du métanotum. Deux petites dents sur les fémurs intermédiaires.
Clonopsis gallica
2-2 - Taille supérieure à 70mm. Antennes longues comportant 20 à 25 articles et mesurant 5 à 10 mm (plus grande que la tête). Plaque sous-génitale courte n'atteignant pas l'apex du 9ème tergite, valves génitales bien visibles. Apparence peu (ou pas) granuleuse du mésonotum et du métanotum. 2 à 4 petites dents sur les fémurs antérieurs et intermédiaires. Rouge vif présent sur l'intérieur des Fémurs antérieurs et noir sur l'extérieur (parfois peu visible).
Bacillus rossius
 
1 Carène, arête plus ou moins élevée de l'exosquelette.
2 Apex, extrémité d'un organe; partie d'une pièce, d'un article ou d'un segment opposé à la base par laquelle il est attaché.
3 bifide, Fendu, partagé en deux parties
 
 
 
PERIODES propice à l'observation
 
Espèces Stades Jan Fev Mar Avr Mai Juin Juil Aou Sep oct Nov Dec
Pijnackeria masettii Jeune    
  
                 
Imago                        
Clonopsis gallica Jeune                        
Imago                        
Bacillus rossius Jeune                        
Imago                        
 
 
 
PLANTES propice à l'observation    
 
Espèces Plantes
Pijnackeria masettii La Dorycnie à cinq folioles (Dorycnium pentaphyllum)
Clonopsis gallica Le rosiers sauvage, la ronces, le genêts, l'aubépines, le prunelliers, le millepertuis
Bacillus rossius La bruyère arborescente, le prunier , le myrte commun, la ronce , le rosier
 
 
Ils sont largement répandus dans la moitié sud du pays mais sont quasiment indétectables. Il faut dire que ces animaux sont nocturnes ce qui ne facilite pas les rencontres ni les observations. Pour les observer, sans trop de difficulté, il faut attendre la nuit, au environ de 23 heures.
La nuit venue, il suffit de se munir d'une lampe électrique et aller observer les massifs de ronces des environs, les phasmes (s'ils sont présents) se tiennent généralement sur le dessus du massif et souvent bien en évidence. Le jour par contre les trois espèces (lucifuges) sont très difficiles à repérer. Pour augmenter vos chances de les observer il est conseillé d'utiliser un pulvérisateur et de pulvériser l'eau sur les buissons surtout vers leur base. Dès qu'un phasme est aspergé par l'eau il s'agite et devient visible.

Selon les régions, vous aurez peut-être la chance d'observer une, deux, voire les trois espèces.

Les trois phasmes sont parfaitement inoffensifs, leur seul moyen de défense réside dans le camouflage. En raison de leur forme, leur couleur et leur immobilité ces insectes sont passés maîtres dans l'art du mimétisme. Leur forme de brindille (mimétisme par homotypie) les dissimule à la vue de leurs principaux prédateurs (les oiseaux) de plus leur couleur verte, grise ou brune (mimétisme par homochromie) renforce considérablement leur camouflage tout comme leur parfaite immobilité le jour.
La couleur des phasmes est variable mais ce changement est lent. Tout au plus c'est l'intensité de la coloration (clair - sombre) qui peut varier rapidement. Ainsi certains phasmes peuvent s'assombrir sous l'influence de la température, de la luminosité et de l'humidité de leur environnement. Ces variations se font par migration de pigments dans la cuticule (correspondant à leur peau). Un phasme vert au printemps devient souvent brun à l'automne. Ces variations de couleurs coïncident avec celles de la nature. A leur naissance, au printemps (de fin mai à fin avril) les jeunes phasmes vivent parmi les herbes et les jeunes poussent, vers la fin de leur existence, en fin d'été ou au début de l'automne, ils vivent sur des buissons dont les couleurs sont souvent proches du brun.

Fait important, chez les phasmes français il n'existe pas de mâle, il n'y a que des femelles. Celles-ci peuvent pondre des œufs fertiles sans fécondation. Ce mode de reproduction asexuée s'appelle la parthénogenèse thélytoque, c'est à dire qu'une femelle seule ne donne naissance qu'à des femelles. Toutefois, il y a parfois apparition de femelles ayant la morphologie de mâles (gynandromorphes).

Les œufs sont pondus au hasard, la femelle les laisse simplement tomber sur le sol, sauf pour Pijnackeria masettii qui enterre ses œufs dans le sol sous quelques millimètres de sable. L'œuf ressemble à une petite graine en forme de tonnelet pour Clonopsis gallica et Bacillus rossius et en forme de cigare pour Pijnackeria masettii. Une femelle peut pondre entre 50 et 600 œufs par an selon l'espèce. Après quelques mois d'incubation, au printemps suivant, les jeunes naissent. A la naissance, tous les jeunes phasmes sont verts, mais Bacillus rossius à des antennes rouges, Clonopsis gallica des antennes vertes ainsi que Pijnackeria masettii, cependant pour cette dernière espèce le corps est vert sombre (vert poireau). A la naissance ces petits phasmes mesurent environ 1 cm de longueur. Pour résister au froid, les œufs de l'espèce la plus "nordique" Clonopsis gallica rentrent en diapause. C'est à dire que leur développement est arrêté et ils doivent impérativement subir une période de froid d'environ 10 °C. Ensuite une période douce est nécessaire pour que le développement reprenne. Il s'agit d'un système de sécurité afin d'éviter des éclosions trop hâtives pendant l'hiver. Cependant, les Clonopsis gallica vivant au sud-est dans la région de Menton n'ont pas de diapause, car l'hiver y est très doux et permet la survie de cette espèce pendant la mauvaise saison. Bacillus rossius, l'espèce la plus au sud, ne vit que dans les régions où l'hiver est doux et n'a donc pas de diapause. La dernière espèce Pijnackeria masettii semble posséder les deux systèmes, son lieu de vie variant des côtes méditerranéennes jusqu'aux altitudes d'environ 1000 mètres.

Ils se nourrissent des végétaux sur lesquels ils vivent, Bacillus rossius et Clonopsis gallica se nourrissent de ronce, de rosier ou de prunellier (pour C.gallica) alors que Pijnackeria masettii ne se nourrit que de Dorycnie à cinq folioles (Dorycnium pentaphyllum plante très courante de la famille des Papilionacés vivants dans les garrigues calcaires du pourtour Méditerranéen).
Carte des données du projet de science participative au 28/12/2020
Bacillus Rossius (Bleu)
Clonopsis Gallica (Rouge)
Pijnackeria masettii (jaune)
 
Ci-dessous une petite explication sur le formulaire de science participative. PDF
 
3 couleurs différentes de Clonopsis gallica issus d'une même ponte.